Quelle licence choisir ?

Si il y a une chose primordiale à laquelle un auteur doit impérativement penser au moment de la publication de son oeuvre, quelle qu’elle soit, c’est bien la licence qui en régira les droits d’utilisation. Réduirez-vous au maximum les droits d’utilisation accordés à vos lecteurs, les autoriserez-vous à faire ce que bon leur semble de votre oeuvre , ou bien opterez-vous pour une solution intermédiaire ?

Tout d’abord, sachez que selon la législation française le simple fait de créer votre oeuvre (un texte, poème, dessin…) suffit à la protéger. Légalement vous n’avez donc aucune démarche à faire afin de faire valoir vos droits d’auteur. Ils vous sont attribués automatiquement du simple fait de la création de votre oeuvre. Cependant, en cas de conflit avec un tiers au sujet de la paternité de votre oeuvre, les juges apprécieront fortement que vous puissiez fournir des preuves attestant que vous en êtes bien l’auteur. Plusieurs types de preuves peuvent être fournies, certaines ayant plus ou moins de valeur.
Vous pouvez par exemple vous envoyer à vous-même, par courrier recommandé avec accusé de réception, votre oeuvre. N’ouvrez jamais l’enveloppe et conservez tous les documents attestant de la date l’envoi et de la réception. Néanmoins, en cas de conflit, l’avocat de la partie adverse pourrait relativement facilement rendre cette preuve comme nulle, puisqu’il est assez aisé d’accéder au contenu de l’enveloppe, même si celle-ci semble n’avoir jamais été ouverte.
L’idéal serait donc de faire un dépôt auprès d’un huissier de justice. Là, toujours en cas de conflit, la partie adverse aura toutes les difficultés du monde à combattre cette preuve. Vous allez me dire que déposer un manuscrit (ou autre), à différentes étapes de sa création, auprès d’un huissier n’est pas à la portée de toutes les bourses, et vous aurez tout à fait raison. C’est pourquoi il existe des services de ce type sur internet. Des sites proposant de déposer à votre compte vos création auprès d’huissiers de justice partenaires et vous assurant la délivrance de documents officiels émis par cet huissier en cas de conflit judiciaire. A titre personnel, j’utilise ce site. Je n’ai jamais eu à utiliser les services proposés en cas d’action en justice, mais ses tarifs attractifs et ses services proposés en cas de besoin me satisfont.

Pour en revenir aux différents types de licences existants, vous devez dans un premier temps vous demander quelles sont les libertés que vous souhaitez offrir à vos lecteurs. Si vous souhaitez uniquement leur permettre de lire votre oeuvre et d’en faire des copies à titre privé et personnel, vous opterez pour le droit d’auteur tout ce qu’il y a de plus classique.
Inversement, si vous souhaitez leur permettre de faire absolument tout ce qu’ils veulent de votre oeuvre, vous pouvez la placer dans le domaine public. Vous n’aurez alors plus aucun droit sur celle-ci. Vous pourrez bien sur l’utiliser comme bon vous semblera, mais tout le monde pourra en faire autant selon ses propres envies. Néanmoins, bien que quiconque pourra adapter, modifier, transformer votre oeuvre sans vous en demander l’autorisation, vous en conserverez malgré tout la paternité. Rien de plus.
Si aucune de ces deux solutions ne vous convient, parce que vous ne souhaitez pas « brider » vos lecteurs, tout en conservant un minimum de contrôle sur l’utilisation qui peut-être faite de votre oeuvre, vous avez la possibilité la placer sous l’une des six licences Creative Commons existantes. Vous pourrez alors, selon la licence choisie, d’autoriser ou non la libre diffusion de votre oeuvre, d’autoriser ou non son exploitation à des fins commerciales, ou encore, entres autres, d’autoriser ou non que des modifications y soient apportées…

Tout comme le droit d’auteur « classique », l’ensemble des licences Creative Commons ont une valeur légale. C’est à dire qu’elles sont reconnues par la législation. Les droits que vous réservez sont donc aussi bien protégés.
Au final, quelque soit la licence que vous adopterez -hors domaine public-, vous resterez totalement libre d’accorder des droits étendus à qui bon vous semblera. Vous pourrez également modifier la licence sous laquelle votre oeuvre est diffusée. Passer d’un « droit d’auteur classique » à une licence Creative Commons, par exemple, ne pose en soit aucun problème. L’inverse est un peu moins vrai puisqu’il s’agirait d’appliquer des restrictions nouvelles sur l’utilisation de votre oeuvre.
Prenez donc un petit de réflexion lors de la publication de vos oeuvres, pour  décider la licence sous laquelle vous allez les diffuser.

Personnellement, la totalité de mes textes publiés sur internet ainsi que les articles de ce site le sont sous licence Creative Commons. Il peut m’arriver, selon les cas, d’utiliser l’une ou l’autre de ces licences Creative Commons, mais en règle générale j’opte soit pour la BY-NC-SA soit pour la BY-NC-ND, selon le type de texte (fiction ou article) que je publie.

Article diffusé sous licence Creative Commons BY-NC-ND

Entre science et fiction

La science-fiction est un genre bien particulier puisqu’il se concentre sur ce que pourrait bien nous réserver l’avenir. Un avenir tantôt sombre, tantôt réjouissant. Un avenir chargé de nouveautés, de découvertes et de surprises. La science-fiction est un domaine qui offre à tout un chacun la possibilité de s’évader de la noirceur du monde actuel. Malheureusement, comme son nom l’indique, il ne s’agit de fiction… A moins que…

C’est vrai ce mensonge ? – Disons le tout de suite, je ne vais pas vous parler de voyage spatial ou de héros perdu à plusieurs centaines d’années lumière de la Terre. Non, ça je le garde pour mon prochain ouvrage.
Par contre, que diriez-vous de découvrir une pulsar, de participer à la modélisation de la Voie Lactée ou encore d’étudier le fond diffus cosmologique ? A moins que vous ne préfériez, par exemple, participer aux recherches et futures découvertes (?) du CERN (Conseil Européen pour la Recherche Nucléaire) et du LHC, le plus grand accélérateur de particules au monde, capable d’accélérer la matière à une vitesse quasiment égale à celle de la lumière ?
Bien sur, me direz-vous, vous n’êtes ni astronome, ni scientifique, et encore moins physicien. Aucun problème. Du moment que vous possédez un ordinateur, peut importe que vous soyez bac -2 et technicien de surface ou bac +8 et docteur ès physique quantique. L’important n’est pas là. L’important est d’avoir envie de participer à sa manière à de possibles avancées scientifiques qui, dans quelques années, rapprocheront peut-être un peu plus la science-fiction de la réalité.

Pour ce faire, rien de bien compliqué. Allumez votre ordinateur (ce qui est déjà fait si vous lisez ces lignes), rendez-vous sur cette page (en français) et prenez un peu de temps pour vous informer sur les différents projets auxquels vous pourrez, si vous le souhaitez, participer. Ensuite, rendez-vous dans la rubrique « téléchargement » du site précédemment cité, et téléchargez et installez le logiciel BOINC. Pas de soucis, c’est libre, gratuit et tout à fait légal.
Si vous avez besoin d’aide pour le paramétrage du logiciel, rendez-vous sur le site de l’une des principales communautés francophone participant à de nombreuses recherches disponibles, l’alliance francophone. Là encore n’ayez aucune crainte, tout se fait dans la bonne humeur, c’est 100% gratuit et sans inscription nécessaire.

Et une fois installé et paramétré ? – Lorsque vous aurez choisi et rejoint le(s) projet(s) qui vous intéressent, votre ordinateur s’occupera de tout. Il téléchargera des unités de calcul pour le(s)dit(s) projet(s) et calculera jusqu’à en arriver à leur terme. Il renverra alors de façon sécurisée les résultats aux serveurs du/des projet(s) concerné(s) et des points vous seront accordés si lorsque le résultat sera validé.

Gnééé… – Développons un petit peu. Les projets proposés par sur la plateforme BOINC sont des projets de recherches menés par des grandes agences publiques et/ou Universités internationalement reconnues. Quelque soit le domaine du projet (Astronomie, Physique, Médecine, Biologie…), ce sont des recherches qui demanderaient plusieurs centaines -voir milliers- d’années de calcul à un seul ordinateur, aussi puissant soit-il. Le but de la plateforme BOINC est donc de créer un réseau regroupant des ordinateurs particuliers et professionnels du monde entier, afin de pouvoir mener ces recherches en quelques mois/années seulement.
Chaque ordinateur se voit confier des unités de calcul (d’infimes morceaux du projet dont il est question) et utilise sa capacité de calcul que vous n’êtes pas en train d’utiliser pour effectuer vos tâches quotidiennes pour résoudre cette unité de calcul. Selon la puissance de votre ordinateur, l’utilisation que vous en faites, le(s) projet(s) pour le(s)quel(s) vous lui avez assigné de travail et l’unité de calcul elle-même, le temps nécessaire pour mener un calcul à son terme peut varier entre quelques minutes et plusieurs heures. Bien sur, rien ne vous empêche d’éteindre votre ordinateur lorsque vous le souhaitez. Celui-ci reprendra alors son travail là où il s’est arrêté à l’occasion de son prochain redémarrage.

Vous avez parlé de points ? – A chaque fois que votre ordinateur terminera et renverra une unité de calcul aux serveurs du/des projet(s), un certain nombre de points -variable selon le projet, l’unité de calcul et la durée du calcul- vous sera attribué. Il ne s’agit là que de quelque chose de symbolique, permettant d’établir des classements entre les millions de personnes participant aux divers projets. Il n’y a rien à gagner, mis à par la satisfaction de participer à des recherches normalement inaccessibles au commun des mortels.

Mouai… et ça donne des résultats ? – Le World Community Grid (WCG), qui regroupe plusieurs projets à vocations médicales, a déjà mené à son terme plusieurs projets, dont un visant à découvrir des remèdes contre la Dengue. Aujourd’hui il offre la possibilité de participer à des recherches contre le SIDA, la cancer ou encore contre les maladies génétiques. De plus, l’ensemble des résultats des projets du WCG sont destinés à être rendus publics. C’est à dire qu’aucun laboratoire, groupe pharmaceutique, état ou autre, ne pourra se les approprier pour son seul et unique usage. N’importe qui sur Terre pourra s’en servir librement et légalement.
Pour en revenir à un plan plus « science-fiction », le projet Einstein@Home, qui recherche la présence de pulsars dans la galaxie, a déjà permis la découverte de plusieurs d’entre-elles, les deux dernières ayant été confirmées il a y à peine quelques jours de cela (anglais).
Après, chaque projet avance à son rythme. Peut-être que certains ne donneront jamais rien, mais ça il est impossible de le savoir à l’avance. Par contre, ce qui est certain, c’est qu’en ne menant aucun projet à terme, nous ne découvrirons rien du tout.

Et donc, concrètement, ça m’apporte quoi ? – Comme je l’ai déjà dit, cela vous apporte une forme de satisfaction personnelle que de participer à de tels projets. Peut-être cela ne vous apportera rien d’autre à titre personnel, mais imaginez que des maladies telles que le SIDA ou le cancer puissent être vaincues grâce à ces projets. Imaginez encore que le projet du LHC du CERN permettre de révolutionner la physique. Ou encore que le projet SETI permette la découverte de vie extra-terrestre… Ou autre chose. Imaginez si c’était votre ordinateur qui avait la chance de calculer l’unité de calcul « fatidique ». Celle qui ouvrait la voie à de nouvelles découvertes…

Bien sur, à l’heure actuelle il s’agit de science-fiction. Mais peut-être que dans 2 jours, 2 mois ou 2 ans, ce ne sera plus le cas. En seulement quelques heures de calculs, vous, votre ordinateurs, pouvez contribuer à réduire de plus en plus la frontière la science et la fiction, repoussant ainsi les limites de la sciences-fiction.

Liste des projets BOINC

Article diffusé sous licence Creative Commons BY-NC-ND

Le contrat d’édition

Votre futur éditeur vient de vous faire parvenir les deux exemplaires du contrat qu’il vous propose. Il ne vous reste plus qu’à les parapher (vos initiales en bas à droite de chaque page), à les signer et à lui renvoyer l’un de ces deux exemplaires.

Si votre confiance en cet éditeur est totale et que vous êtes prêts à prendre le risque de lui céder les droits de votre ouvrage les yeux fermés, tout se passera de cette façon. Si au contraire vous tenez vraiment à savoir ce que vous signez, il vous faudra prendre un peu plus de temps et bien lire l’intégralité du contrat d’édition, qui fait immanquablement plusieurs pages.
Tout d’abord, voici un exemple de contrat d’édition classique. Il s’agit du contrat anonymisé signé par une auteur publiée, courant 2009, au sein de la maison d’édition que je gérais alors. Ce modèle n’est pas original. C’est un modèle que j’avais trouvé sur internet et que j’ai très légèrement adapté à mes besoins de l’époque. Il n’en reste pas moins qu’il représente une variante du contrat d’édition type qu’un éditeur sérieux se doit proposer à ses futurs auteurs.


Les parties noircies sont là pour anonymiser le document, mais aussi pour supprimer quelques informations relatives à mon ancienne société qui n’ont plus lieu d’être diffusées aujourd’hui.

Un vrai contrat d’édition se doit donc, en tout premier lieu, d’identifier parfaitement les parties signataires. A savoir l’auteur (nom, prénom, date et lieu de naissance, adresse, numéro de sécurité sociale) et l’éditeur (dénomination sociale, forme juridique, capital social, numéro RCS, adresse du siège social, représentant légal signataire au nom de la société). Tout contrat qui ne présenterait pas toutes ces informations doit vous alerter sur le sérieux, le professionnalisme et peut-être même sur l’honnêteté de votre interlocuteur. Quoi qu’il en soit, si ces informations manquent, exigez de l’éditeur qu’elles soient rajoutées. Si il refuse, passez votre chemin sans hésiter.

L’objet du contrat – Cet article, généralement le premier du document, vise à décrire la raison d’être du contrat. Il doit y être écrit noir sur blanc le titre de l’ouvrage pour lequel vous allez céder vos droits. Sans cela le contrat n’aurait aucune valeur puisqu’il ne serait lié à aucun ouvrage précis. Sont également indiqués les différentes étendues de la cession de vos droits (pays, langues, formes, procédés, durées). Vous y trouvez aussi les principaux engagements de l’éditeur, tels que « publier à ses frais », « conditions favorables d’exploitation sous toutes formes ». Ces termes peuvent paraître vagues et sans intérêts, mais ils ont leur importance. Ils sont notamment le signe que vous avez bien à faire à une maison d’édition à compte d’éditeur, ce qui est primordial.
De plus, généralement, lorsqu’une maison d’édition obtient les droits d’un nouvel ouvrage, elle propose également à l’auteur de lui céder les droits d’adaptation audiovisuels sur ce même ouvrage. Ainsi, si un jour une société de production souhaite adapter votre histoire au cinéma ou à la télé, elle négociera directement avec votre éditeur. C’est une pratique courante et admise sans aucun problème. Malgré tout, la législation française est très claire à ce sujet, l’éditeur est obligé de faire signer un contrat de cession des droits audiovisuels à l’auteur en plus du contrat d’édition. Il est absolument interdit à un éditeur d’inclure la cession de ces droits dans le contrat d’édition lui même. Théoriquement vous pouvez donc refuser de céder vos droits d’adaptation audiovisuelle, tout en signant votre contrat d’édition.

Garanties données par l’auteur – Par cet article l’auteur s’engage auprès de l’éditeur, en particulier sur l’originalité de l’ouvrage. L’éditeur se dégage donc de certaines responsabilités dans le cas où l’auteur aurait fauté (plagiat…). Si des faits de cette nature devaient être prouvés, l’éditeur pourrait alors casser le contrat et se retourner contre l’auteur en personne afin de se couvrir.

Remise du manuscrit – Cet article règle les conditions dans lesquelles l’auteur remettra à l’éditeur les différents éléments permettant de procéder à l’impression de l’ouvrage, sachant que le manuscrit original n’est jamais celui qui servira de base  l’impression de l’ouvrage. L’éditeur y apportera forcément des modifications, qui devront ensuite être acceptées ou non par l’auteur. Ce sont ces « échanges » de manuscrit qui sont encadrés par cet article.

Obligations de l’éditeur – C’est dans cet article que sont indiquées l’ensemble des obligations de l’éditeur. L’article tel que présenté dans l’exemple de contrat ci-dessus est parfaitement adapté pour des publications à faible tirage. Les indications concernant le nombre d’exemplaires peuvent être adaptés par l’éditeur. De même, les délais indiqués dans cet article peuvent varier selon les maisons d’édition.
Lorsqu’un contrat d’édition vous est proposé, si vous estimez que les conditions prévues dans cet article sont trop favorables à l’éditeur, vous pouvez très bien lui demander d’en modifier certaines. Attention tout de même à ne pas exiger des conditions que ce dernier pourrait juger trop restrictives à son égard. Il pourrait alors les refuser et annuler sa proposition de contrat. Néanmoins, l’éditeur doit s’engager noir sur blanc à publier et diffuser votre ouvrage. Cette clause doit être non négociable et écrite noir sur blanc sur le contrat. Dans le cas contraire, vous pouvez sérieusement douter de l’éditeur en question.

Attributions de l’éditeur – Par cet article l’éditeur se réserve le droit de modifier certains aspects ou caractéristiques de votre ouvrage sans avoir besoin d’obtenir votre consentement préalable. Un éditeur sérieux et à l’écoute de ses auteurs vous fera connaitre ses intentions, mais rien ne l’obligera à accéder à vos demandes.
En général ces attributions sont le format du futur livre, sa présentation, son prix de vente, son tirage ainsi que sa date de mise en vente théorique. Il est très peu probable qu’un éditeur, quel qu’il soit, accepte de renoncer à ces prérogatives. A moins de certaines attributions que vous jugeriez extravagantes, il n’est pas utile de négocier ce point du contrat.

Vente en solde partielle/totale et mise au pilon partielle/totale – Article encadrant la « liquidation » des stocks d’exemplaires de votre ouvrage si ceux-ci sont trop important au regard du nombre de ventes effectuées. Dans tous les cas, cet article doit prévoir les conditions par lesquelles votre éditeur vous annonce ses intentions. Ceci doit être fait par courrier recommandé avec accusé de réception.
Chaque éditeur adaptera les nombres et pourcentages à sa guise. A vous ensuite de les accepter ou de demander à ce qu’ils soient revus.

Droits d’auteur – Voilà l’un des articles qui vous intéressera le plus. Celui qui encadrera vos revenus en tant qu’auteur. Tout d’abord, sachez qu’un éditeur est obligé de vous rémunérer dès le premier exemplaire vendu de votre ouvrage. Seuls quelques exemplaires, tels que ceux qui vous sont remis gratuitement ou ceux qui sont utilisés à des fins marketing et promotionnelles ne vous rapporteront pas de droit d’auteur. Votre éditeur peut également vous offrir une réduction substantielle sur les exemplaires que vous souhaiteriez commander en plus de ceux qui vous sont remis gratuitement. Dans ce cas, vous ne percevrez aucun droit d’auteur sur ceux-ci.
Concernant le montant de vos droits d’auteur, ils représentent un pourcentage fixe, calculé sur la base du prix public hors taxes. Il peut être prévu que ce pourcentage évolue après un certain nombre de ventes. Il peut également être modifié suite à la signature d’un avenant à votre contrat d’édition. Généralement, la rémunération moyenne d’un auteur est de 7 à 10% du prix public HT. Il est bien sur possible de le négocier, mais à moins d’avoir déjà une certaine reconnaissance du monde littéraire, il vous sera extrêmement compliqué d’en obtenir un meilleur. Il peut arriver parfois, selon la politique de la maison d’édition, que la rémunération prévue soit un peu plus importante. Mais même dans ce cas, pour commencer, ne comptez pas obtenir plus de 12% grand maximum.
Inversement, certains éditeurs peuvent proposer des rémunérations inférieures à cette moyenne. N’hésitez alors pas à négocier pour la faire remonter au maximum. Si vous parvenez à obtenir un pourcentage conforme à la moyenne, contentez-vous en. Vous n’auriez que peu de chance de le voir augmenter encore. Par contre, si l’éditeur reste sur ses positions, alors posez-vous la question de savoir si vous acceptez de « brader » votre travail ou pas. Vous avez tout à fait le droit de ne pas être d’accord avec ce qui vous est proposé et de refuser de signer le contrat. Si l’éditeur veut vraiment vous garder, il fera un geste.

Etendue de la cession des droits dérivés – Cet article qui règle tout ce qui concerne les autres droits que vous cédez à l’éditeur (traduction, reproduction…). A vous de négocier ceux que vous acceptez de céder dans le cadre de la publication de votre ouvrage.
Pour rappel, il est interdit à l’éditeur de faire apparaître dans le contrat d’édition tout article ou clause incluant la cession des droits d’adaptation audiovisuelle. Ces droits doivent impérativement faire l’objet d’un contrat annexe.

Droits d’auteur sur les droits dérivés – Tout comme pour les droits d’auteur sur votre ouvrage, cet article défini le montant de vos droits d’auteur sur l’ensemble des droits dérivés que vous cédez à l’éditeur. Chaque éditeur a son propre barème. N’hésitez pas à négocier chacun de ces droits dérivés.

Comptes – C’est ici que sont définies les modalités par lesquelles l’éditeur vous versera la totalité de vos droits d’auteur pour la période en cours. Selon le contrat qui vous est proposé, vous pouvez toucher vos droits deux fois par an (tous les six mois) ou une seule fois.
La date d’arrêt des comptes doit être clairement fixée. De même, le délai de paiement de la part de l’éditeur ainsi que ses modalités doivent y être clairement présentés. Lors de chaque paiement, l’éditeur est tenu de vous établir un document mentionnant le nombre d’exemplaires imprimés, en stock, vendus, utilisés à des fins promotionnelles et détruits (accidents…).

Les quatre derniers articles du contrat ci-dessus ont une relative importance, mais ne font normalement pas l’objet de négociation. C’est la raison pour laquelle je ne les traite pas au même titres que les autres.

Vous voici désormais en mesure de décrypter plus efficacement un contrat d’édition. Ce que vous pouvez accepter, négocier ou ce qui doit vous amener à vous poser des questions sur votre interlocuteur. Mais si vous préférez ne pas signer de contrat d’édition et conserver la totalité de vos droits, il existe une solution, que je traiterais dans un prochain article. L’auto-édition.

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Trouvez un éditeur

Vous voilà maintenant prêt à soumettre votre ouvrage aux maisons d’édition. Envoyer votre manuscrit par mail, attendre la réponse d’ici quelques jours, se voir en train de signer votre contrat d’édition, imaginer votre ouvrage en vente dans toutes les librairies et tous les magasins culturels grand public… Il est important d’avoir de l’ambition, mais point trop n’en faut.

Avant tout, vous devez absolument prendre conscience qu’un tel enchaînement n’arrive jamais. Même pour les plus prolifiques des auteurs les plus célèbres. Alors n’espérez surtout pas vivre un tel « compte de fées ». Je vous le souhaite, bien sur, mais vous n’avez aucune chance. Cela relève du monde des Bisounours et comme tout le monde le sais, notre monde réel serait plutôt à l’extrême opposé de celui de ces petits êtres fantastiques.
Selon les critères de chaque éditeur, vous serez amenés à envoyer votre manuscrit soit par courrier électronique, soit par voie postale (imprimé et relié). Une fois réceptionné, bien souvent, le délais de lecture est au minimum de 6 à 8 semaines. Parfois même beaucoup plus. Ensuite, sachez que les maisons d’édition reçoivent un nombre très important de manuscrits, de plusieurs dizaines à plusieurs centaines chaque année (voir plusieurs milliers pour les plus grandes), pour un nombre de publications qui se compte sur les doigts des mains. Un primo-auteur ou un auteur sans renommée (ce qui n’a rien à voir avec la qualité de ses textes), n’a pour ainsi dire aucune chance de signer avec un grand groupe d’édition. Seuls les « petits » éditeurs pourront éventuellement lui offrir la chance d’être publié. Mais avant d’en arriver là, il vous faudra vous adapter au monde compliqué mais passionnant de l’édition.

Votre premier objectif sera de trouver les maisons d’édition auxquelles vous allez envoyer votre manuscrit. Chacune ayant sa propre ligne éditoriale, vous devrez être très vigilant à ce sujet. De même qu’il ne vous viendrait pas à l’idée d’envoyer le manuscrit d’une histoire d’amour à un éditeur de manuels scolaires, inutile de proposer votre roman policier à une maison d’édition ne publiant que des ouvrages de science-fiction. Ce serait rédhibitoire. Pour ne pas tomber dans ce piège, consultez les sites internet des éditeurs que vous avez déniché. Tout éditeur sérieux y indiquera forcément le style d’ouvrages qu’il publie ou qu’il envisage de publier. Ne gardez que ceux correspondants au(x) genre(s) de votre manuscrit.

Une fois la liste des éditeurs susceptibles d’être intéressés par votre manuscrit établie, poussez un peu plus vos investigations sur leurs différents sites. Votre mission désormais, découvrir le type d’édition pratiquée par chacun de ces éditeurs. Il en existe deux, radicalement différents l’un de l’autre. Le premier, que je qualifierais d’édition « classique », est le compte d’éditeur. Dans cas c’est l’éditeur qui prend tous les risques de la publication à sa charge. Vous n’avez absolument rien à lui payer pour qu’il publie votre ouvrage. Tout au plus devrez-vous, à sa demande et par obligation contractuelle, vous investir dans la promotion de votre ouvrage, la charge financière étant toujours supportée ce dernier.
Le second est le compte d’auteur. Inversement au compte d’éditeur, c’est ici l’auteur qui paye l’éditeur afin que son ouvrage soit publié. Les sommes demandées sont très importantes. Plusieurs centaines d’euros au minimum, allant parfois même au delà du millier d’euros. Des sommes bien évidemment sans aucun rapport avec les coûts réels d’impression. De plus, l’auteur est bien souvent obligé de commander (et de payer une nouvelle fois) ses ouvrages, mais aussi d’en assurer seul la promotion et la vente. Il va sans dire que nous touchons là aux limites de l’escroquerie et que ce genre d’édition est à déconseiller très fortement. Tout éditeur demandant une somme d’argent, même minime, pour vous publier doit être suspect à vos yeux.
En cas de doutes sur le type d’édition pratiqué par un éditeur, n’hésitez pas à le contacter (mail, téléphone…) afin de lui poser les questions qui vous rassurerons, ou au contraire vous conforterons dans vos craintes.
Une troisième forme d’édition existe bien, l’auto-édition, mais je reviendrais dessus un peu plus tard, dans un prochain article.

Vous voila maintenant, idéalement, avec une liste d’éditeurs publiant des ouvrages du genre de votre manuscrit, mais aussi pratiquant l’édition à compte d’éditeur. Maintenant, prenez soin de vérifier la forme sous laquelle vous pouvez envoyer votre manuscrit (mail ou papier) et lancez-vous. N’envoyez jamais un manuscrit par mail à une maison d’édition s’attendant à le recevoir sous forme papier par la poste, et inversement. Il ne sera pas lu et vous aurez probablement perdu toutes vos chances avec cet éditeur.
Généralement, le délais de d’examen de votre ouvrage est annoncé sur le site internet ou vous est indiqué à la réception de votre manuscrit. Inutile de contacter la maison d’édition tant que ce délai n’est pas atteint. Une fois dépassé, vous pouvez en revanche la relancer si vous n’avez pas de nouvelles. Il n’est pas rare que du retard soit pris lors de cette étape. Si vous n’obtenez pas de réponse ou que le nouveau délai qui vous a été indiqué n’est pas respecté, contactez-la de nouveau. Mais sachez que dans de pareilles situations, plus le temps passe, plus vos chances d’avoir tapé dans l’oeil de cet éditeur s’amenuisent.

Il est très rare de trouver un éditeur dès le début de ses recherches. Il peut-être nécessaire d’en contacter des dizaines avant de tomber sur celui qui saura identifier le potentiel de votre ouvrage. Surtout ne baissez jamais les bras, même après plusieurs refus ou envois restés sans réponses. Vous pouvez attendre des mois, voir des années, avant de trouver l’éditeur qui deviendra VOTRE éditeur.
Mais une fois que vous l’aurez trouvé, un nouvelle étape s’ouvrira à vous avec de nouvelles obligations de part et d’autres… La signature de votre contrat d’édition. Une étape particulièrement technique, mais que vous devriez pouvoir passer sans encombres grâce à un prochain article à venir.

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L’écriture est terminée…

Vous venez de terminer l’écriture de votre ouvrage et rêvez déjà à sa future publication, qui fera de vous le nouveau Michel Houellebecq ou bien la prochaine J.K Rowling. C’est bien, mais un peu prématuré pour le moment.

Une fois l’écriture de votre ouvrage terminée, celui-ci est encore loin de pouvoir prétendre être publié. Quelque soit sa qualité propre, vous ne devez surtout pas sauter les étapes qui vous séparent de sa publication. Car l’écriture en elle-même n’est qu’une partie, la plus simple même, du processus de création. Que vous écriviez pour vous sentir bien, pour vous détendre, par envie ou par passion, vous le faites de bon coeur, dans le but de mener votre histoire à son terme. Mais une fois le dernier mot couché sur le papier, ne vous démobilisez surtout pas. Il vous reste énormément de travail.

Tout d’abord, vous devez impérativement effectuer au moins deux relectures complètes et sérieuses de votre ouvrage. La première visera à corriger la forme (orthographe, grammaire…). Une fois le problème de la forme réglé, la seconde relecture vous demandera une réflexion encore plus  importante. Cette fois, il vous faudra vous concentrer sur le fond de votre histoire. A savoir sur l’histoire elle-même. Est-ce qu’elle est suffisamment crédible ? Est-ce que je ne me contredis pas ? Est-ce que son enchaînement est logique et pertinent ? Mes lecteurs parviendront-ils à accrocher ? Si à l’issue de cette relecture vous n’êtes pas en mesure de répondre de façon positive à l’ensemble de ces questions, n’allez pas plus loin. Repenchez-vous sur la phase d’écriture et améliorez tout ce qui vous semble nécessaire avant de pouvoir passer à l’étape suivante.

Ensuite, une fois que votre ouvrage vous semble prêt à passer à l’étape de l’éditeur… il ne l’est en fait toujours pas. Avant de le soumettre pour une future publication, vous devez vous faire relire par une personne extérieure. Comprenez par là, une personne qui n’a aucunement connaissance de l’histoire que vous avez développé, mais aussi, si possible, une personne extérieure à votre entourage proche, afin d’éviter que son jugement ne soit biaisé.
Le but de cette troisième relecture est de confirmer celles que vous avez effectué au préalable. Parce qu’on ne voit pas toutes ses fautes, parce que la connaissance de l’histoire fausse notre point de vue, il est primordial de se faire relire avant de passer au stade de l’éditeur. Cela prendra un peu plus de temps, mais la qualité de votre ouvrage en sera grandement améliorée, à condition que vous preniez en considérations les critiques (tant positives que négatives) de votre relecteur.

La relecture arrivée à son terme, une mise en page simple agréable et votre ouvrage peut désormais être présenté aux maisons d’édition. Mais attention. Le monde de l’édition est loin d’être rose. Vous devrez déjouer une multitude de pièges et de problèmes avant d’arriver à votre but ultime…

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