L’écrivain, un être supérieur

gravure dore bible - dieu fait perir leviathan - vision d isaieQue cela plaise ou non, il évident que l’écrivain est un être supérieur. Non pas supérieur en tant qu’Homme, être humain, puisque c’est un Homme comme les autres, mais en tant que « tout puissant ».

Oui, l’écrivain est le « tout puissant ». Le tout puissant de son œuvre. C’est lui qui la créé de bout en bout, usant de son imagination, de sa volonté et de sa vision des choses. L’écrivain a le droit de vie ou de mort sur ses personnages, quand bon lui semble, où bon lui semble, et sans avoir de comptes à rendre.
L’écrivain peut faire intervenir diverses forces plus ou moins connues pour faire évoluer son dessein. Il est à même d’entrevoir des miracles, et surtout d’autoriser leur réalisation.

Les légendes, les mythes…, rien n’est plus fort que l’écrivain. C’est lui qui façonne tout un monde, le sien. Armé de son imagination, de sa plume et de sa volonté de créer, rien ne lui est impossible. Le jour, la nuit, la rotation des planètes, la nature… tout se trouve à sa merci, livré à sa volonté de « tout puissant ».
Il peut faire naître les guerres, puis engendrer la paix. Il peut tout faire, sans aucune limite. Qu’il s’agisse d’amour, d’enquêtes policières, de mondes enchantés, de voyage dans le temps, ni les lois de la physique ni les plus récentes technologies ne peuvent s’opposer à lui.

Mais la plus grande force de l’écrivain, qui est aussi une bonté inouïe, c’est celle du partage. Ce partage qui le pousse à ouvrir son monde  aux personnes qui y sont extérieur. Ce partage du rêve, de l’imagination, de la vie. Libre de tout, l’écrivain parvient à transporter des foules au plus profond de ses textes. C’est là une prouesse sans égal. Une prouesse hors du commun. Si Dieu devait exister, il ne pourrait être qu’écrivain. Probablement d’ailleurs le plus grand de l’Histoire.
Malheureusement, ce dernier n’est que le héros de livres anciens, sans aucun doute rédigés par des auteurs particulièrement doués pour écrire des histoires, et encore plus pour les partager avec passion et dévotion à leurs contemporains ainsi qu’à leurs générations futures.

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L’auteur : le tout puissant de son œuvre

Qui n’a jamais rêve, un jour, d’être le tout puissant  ? Celui qui décide de tout, qui a le dernier mot, que personne ne contrarie jamais. Un être si exceptionnel qu’il en devient omnipotent. En une phrase, qui n’a jamais souhaiter devenir Dieu ?

Lorsqu’il est sujet de Dieu ici, il ne s’agit bien sur pas de religion. Mais plutôt d’un état d’esprit. Se sentir le seul maître à bord, décider de la vie, de l’avenir, du comportement, des décisions les plus personnelles d’une horde de personnes. Les contrôler de bout en bout, pour une durée infinie. N’avoir personne qui se dresse face à soi pour contredire…
Je ne parle pas d’une secte ou d’un gourou, mais de l’auteur de fiction. Tout droit sortie de l’imagination de son « concepteur », une histoire se déroule entièrement sous le contrôle de son maître, l’écrivain. La vie, la mort, la joie, la tristesse, le bonheur, le malheur… il décide d’absolument tout. Ses personnages essaient parfois d’évoluer de façon à changer leur destin, mais c’est peine perdue. Ils n’ont aucune chance d’y parvenir si tel n’est pas le bon vouloir de leur créateur.

L’écrivain est le seul, l’unique, à avoir droit de vie et de mort sur des hommes et des femmes. Pour tous les autres, cela s’appelle « tuer ». Pour lui, c’est « disposer ». Jamais personne ne remettra en cause ce droit, au nom de la liberté d’expression et de la liberté de pensée. Jamais personne ne condamnera un écrivain pour le sort qu’il aura réservé à ses personnages. Jamais personne ne le traitera de criminel. Jamais personne ne le haïra pour avoir laisser s’installer pauvreté, malheur et tristesse.
Seul l’écrivain peut donner naissance à quelqu’un en quelques mots. Lui seul peut faire grandir cette même personne de dix ans en quelques phrases. Lui seul, peut faire défiler toute sa vie le long de quelques pages. Il est le seul à pouvoir forger des légendes, à créer des héros, à pouvoir divertir le monde entier. Tout passe par lui et l’écriture.

L’écrivain est le tout puissant. Guidé par son imagination et par son amour de l’écriture, il est libre de tout. Du meilleur comme du pire. Son texte est un jardin secret dans lequel lui seul est autorisé à se plonger, où il est le seul à pouvoir écrire l’avenir et revisiter à sa guise le passé.
Il a le devoir d’y recevoir ses lecteurs, devant ainsi l’hôte de leur imagination. Mais ceux-ci devront se plier à son bon vouloir, et ne pourra jamais être que de simples spectateurs dans ce monde imaginaire à la si enviable et pourtant si difficile à créer.

Aujourd’hui une chose est certaine. Le seul Dieu qui existe en ce monde, pourfendant les religions et les interprétations de chacun, est l’écrivain. Nul autre que lui, aucune force supérieure, aucune volonté divine, ne le surpasse et ne le surpassera jamais. Car j’en ai la certitude absolue. L’écrivain existe et est celui qui se rapproche le plus de Dieu. Pourtant… Dieu n’existe pas.

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