Envoi de ses manuscrits : email ou courrier ?

image issue du site : http://cite-sciences.fr/

image issue du site : http://cite-sciences.fr/

Vous souhaitez envoyer votre dernier manuscrit à un éditeur. Corrigé, aéré et prêt à être présenté, il ne vous reste plus qu’à l’envoyer aux maisons d’édition que vous avez sélectionné. Sélection rigoureuse qui tient compte de plusieurs facteurs tel que le type d’édition pratiqué (compte d’éditeur ou compte d’auteur), mais aussi de la ligne éditoriale de la maison…

Vous y êtes. L’envoi tant attendu de votre manuscrit… Mais comment devez-vous faire ? L’envoyer par email ou par courrier ? Surtout, ne jouez pas cette décision à pile ou face. Bien apparemment banale et sans conséquence possible, cette décision peut pourtant s’avérer contre productive.

En effet, chaque maison d’édition possède sa propre politique de réception des manuscrits. Certaines exigent que l’envoi soit physique et intégral, alors que d’autres favorisent le format électronique et l’email. Tout ceci dépend uniquement de l’éditeur. Ne vous risquez surtout pas à faire lui faire parvenir votre production par une voie qu’il n’a pas prévue.
Généralement, ce type d’informations se trouve indiqué sur le site internet de la maison d’édition. Dans le doute, n’hésitez pas à la contacter par téléphone afin de poser vos questions concernant ce point technique.

En ce qui vous concerne en tant qu’auteur, vous n’avez pas vraiment le choix. A moins que l’éditeur lui-même ne vous le laisse. Dans ce cas, vous pouvez privilégier l’envoi par email. Plus rapide, et surtout beaucoup moins coûteux (pas d’impression ni ne de frais postaux).
Car ces frais ne doivent pas être négligés. Un roman de deux cents pages format A4 envoyé par la poste, vous reviendra à un courrier de 1,06 kg (environ), soit 5,75€ au tarif lettre prioritaire en vigueur au 1er janvier 2013. Si vous devez faire parvenir votre manuscrit à dix éditeurs différents, la somme commence à prendre une certaine importance. Et encore. Si pour plus de sécurité vous optez un envoi recommandé avec accusé de réception, le montant unitaire sera approximativement de 9,55€ par envoi ! Tout ceci ne prenant pas en compte le coût du papier utilisé ni l’achat des cartouches d’encre. Aussi, favorisez donc autant que possible l’envoi par email.

Bien que le mode d’envoi des manuscrits ne doive pas devenir l’un des critère de sélection (ou de non sélection) d’un éditeur, il convient  tout de même de prendre en compte ce point. Pour éviter les frais inutiles, assurez-vous au préalable que chacun des éditeurs que vous avez retenu publie votre genre littéraire. Clairement, n’envoyez pas un ouvrage e science-fiction à un éditeur de poésies. Que ce soit pas email ou pas courrier postal.

Article diffusé sous licence Creative Commons BY-NC-ND

Un manuscrit de perdu… dix de sauvegardés

Ecrire un ouvrage est un travail de longue haleine. Aussi, certaines règles sont à respecter impérativement pour ne pas voir celui-ci totalement remis en cause du fait d’un imprévu ou d’un incident. Cela pouvant arriver à n’importe qui, autant prévenir que guérir.

La perte d’un manuscrit est ce qui peut arriver de pire à un écrivain, qu’il soit publié par une maison d’édition ou qu’il s’auto-édite. Une coupure de courant est très vite arrivée, tout comme un disque dur peut rendre l’âme d’un instant à l’autre. De même, un sinistre peut tout aussi bien détruire des années de travail. Puisqu’il est impossible de s’en prévaloir, voici tout de même quelques conseils qui auront au moins pour résultat de sauver votre prochain roman.

La coupure de courant : La première façon de se protéger d’une coupure de courant, c’est de sauvegarder régulièrement son travail au fur et à mesure qu’il avance. Passer quatre longues heures à se triturer les méninges pour écrire cinq pages et tout perdre en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, c’est… ballot… Bien sur, il n’est pas possible de tout sauvegarder instantanément, mais il est préférable de ne perdre qu’un paragraphe plutôt que tout le travail effectué.
Pour ceux pour lesquels même la perte d’un paragraphe est impensable, il faut alors opter pour l’achat d’un onduleur avec batterie (par exemple), qui permettra à votre ordinateur de rester allumé suffisamment longtemps en cas de coupure de courant, vous permettant alors d’effectuer votre sauvegarde.

Le disque dur qui rend l’âme :
Le disque dur de votre ordinateur vient de rendre son dernier souffle ? C’est probablement trop tard. A moins de le confier à un spécialiste qui risque de vous coûter les yeux de la tête (et peut-être même un bras en surplus) sans aucune garantie de résultat. L’idéal dans ce cas est donc d’effectuer plusieurs sauvegardes de votre manuscrit, sur différents supports. Ainsi, en plus de la sauvegarde qui existait sur votre ordinateur, en avoir une autre (mise à jour très régulièrement, pour ne pas dire en permanence), peut vous sauver la mise. Qu’elle soit sur un CD, une clé USB, un disque dur externe importe peu… du moment que vous en avez une.
De plus, Ô miracle de la technologie, il vous sera toujours possible de continuer l’écriture de votre futur ouvrage même sans votre disque dur, le temps que vous en rachetiez un et que vous y réinstalliez votre système d’exploitation. Pour ce faire, foncez télécharger la dernière version de Ubuntu (c’est totalement gratuit et légal) et gravez là sur CD/DVD. En cas de perte de disque dur (et même si il fonctionne toujours d’ailleurs), vous aurez la possibilité de lancer le système d’exploitation depuis le CD/DVD sans avoir besoin de l’installer. Il suffit jute pour cela de cliquer sur « Essayer sans installer » lorsque le menu du CD/DVD apparaît. Vous travaillerez dès lors à partir du CD/DVD lui même. Notez bien néanmoins que vous ne pourrez pas effectuer de sauvegarde qu’en direction d’un périphérique externe (clé USB, disque dur externe…).

Vous êtes victime d’un vol, d’une inondation, d’un incendie… : Bien sur, dans ce cas votre manuscrit passera surement au second plan, et vous ne vous apercevrez pas de sa perte immédiatement. Toutefois, pour vous en prémunir, vous pouvez opter pour la sauvegarde à distance de votre travail, en passant par exemple par le service de sauvegarde externe HubiC.
A titre personnel, je conseille, pour le cas où vous auriez peur que vos fichiers puissent être « piratés » à votre ainsi, de les crypter avant de les sauvegarder sur de tels supports. Il vous est également possible d’acheter vous-même votre propre serveur multimédia (que vous stockerez, bien sûr, ailleurs que chez vous) et de l’utiliser comme point de sauvegarde externe.

Outre le dernier point, qui peut éventuellement s’avérer assez compliqué (serveur, fichier crypté…) pour quelqu’un n’ayant que des connaissances de base en informatique,  faire des sauvegardes à jour, au nombre  minimal de trois afin de s’assurer une sécurité maximale, doit absolument être un réflexe à adopter en toutes circonstances. Un réflexe qui vous évitera des crises de nerfs et des larmes en cas de déficience de votre ordinateur.
Ceci étant bien sur valable pour tous types de documents autres que des créations littéraires (photos, cours, exposés, mémoire…).

Article diffusé sous licence Creative Commons BY-NC-ND

Pourquoi les éditeurs refusent-ils tant de manuscrits ?

Vous l’attendiez avec impatience depuis des semaines, probablement même des mois. Elle vient d’arriver ce matin dans votre boite aux lettres. Cette enveloppe, celle qui va vous indiquer si votre manuscrit a été retenu par la maison d’édition à laquelle vous l’avez soumis. Vous l’ouvrez d’un coup sec, retenant votre souffle. Vous en sortez la feuille qu’elle contient, la dépliez et la lisez… Raté. C’est un refus…

Pourtant vous aviez mis toutes les chances de votre côté. Vous saviez bien que si votre manuscrit avait été rempli de fautes en tout genre et qu’il n’avait pas été relu plusieurs fois, son avenir aurait été tout tracé, droit à la poubelle.
Pour éviter cela, vous aviez donc tout fait dans les règles. L’histoire était cohérente, la présentation réussie, vous étiez fiers de tout votre travail, et espériez vraiment retenir l’attention de l’éditeur. Maintenant, vous vous posez des questions sur votre activité d’écrivain, vous vous remettez en cause et en questions… Mais surtout, ne déprimez pas.

Les manuscrits refusés par les maison d’édition il y en a des milliers chaque année en France. A commencer par ceux qui n’auraient jamais du être proposés tellement ils sont mauvais. Soit par manque de travail flagrant, soit tout simplement, et là les auteurs n’y peuvent absolument rien, par manque de talent.
Il y a aussi ceux qui, comme vous, auraient réellement pu prétendre à publication. Là, d’autres critères rentrent en ligne de compte pour leur sélection. Il faut tout d’abord faire un choix entre les différents textes, sachant que le grandes maisons d’édition ne publient qu’un nombre très limité de titres chaque année. De ce fait, les manuscrits qui seront retenus, puisqu’ils devront apporter un maximum de revenus financiers, sont des manuscrits dont le potentiel marketing et vendeur sera très important. Ce ne seront pas forcément les mieux écrits, mais plutôt ceux qui traiteront d’un thème universel et à la mode. Il sera ainsi beaucoup plus facile de faire passer un bon texte de Vampires ou de Loups-Garou qu’un excellente histoire ayant pour thème les contrées sauvage du grand nord. Aussi, pour maximiser vos chances d’être publié dans une grande maison d’édition, contentez-vous d’écrire un texte formaté à l’excès, quitte à ce que celui comporte quelques petites imperfections.
Mais même là, bien que que vous commencerez lentement à vous rapprocher du but, rien ne sera encore joué. Car ces grands groupe d’édition ne publient, donc, qu’un nombre très restreint d’ouvrage chaque année, mais en plus, ils rechignent fortement à donner leur chance à de nouveaux auteurs n’ayant pas de réelle reconnaissance de la part du grand public. Et oui, car il est toujours plus facile de vendre un ouvrage de Michel Houellebecq en partie plagié de Wikipedia, qu’un ouvrage totalement original d’un auteur, pour ainsi dire, inconnu.

Après, il reste encore la possibilité de proposer ses manuscrits à des maisons d’édition de taille plus modeste, qui bien souvent ont des critères beaucoup plus « justes » pour retenir les manuscrits qu’ils publieront. Malgré tout, là encore, le nombre de soumissions de textes étant très important par rapport au nombre de publications annuelles, les chances de signer un contrat à compte d’éditeur restent particulièrement faibles.
Il est donc nécessaire de prendre son mal en patiente, de persévérer et surtout de ne jamais abandonner. Et pour les auteurs qui veulent absolument être publiés, mais aussi pour ceux qui souhaitent se tourner vers un mode d’édition alternatif, l’auto-édition reste une solution à étudier sérieusement, notamment en prenant connaissance des nombreux articles à ce sujet disponibles sur ce site.

Article diffusé sous licence Creative Commons BY-NC-ND

J.K Rowling… Haro sur les lecteurs

J.K Rowling – Image issue du site glennashton.blogspot.fr

Voilà une information trouvée, totalement par hasard, sur internet. Ainsi, la romancière britanique, auteure de la saga Harry Potter, sur le point de publier son tout nouveau roman, craint les fuites de son manuscrit et impose des règles draconiennes aux éditeurs afin de le préserver du « piratage ». Au risque de ralentir grandement la traduction de ce nouveau titre dans de nombreuses langues, dont l’italien et l’espagnol…

Tout d’abord, soyons clairs, il ne s’agit pas là de prendre la défense des maisons d’édition ayant acquis les droits de l’ouvrage de madame Rowling. Il ne s’agit pas non plus de défendre l’auteure en elle même, puisque je l’avoue, je n’ai jamais lu un seul de ses ouvrages, et n’ai jamais vu leurs adaptations cinématographiques… Bye bye Harry…

Non, je souhaite uniquement en venir sur le peu de considération, de mon point de vue, dont cette dernière fait preuve envers ses lecteurs. Des personnes prêtes à acheter son futur livre une bonne vingtaine d’euros minimum (je présume), et qui, dans certains pays dont l’Espagne ou l’Italie, pourraient faire face à un ouvrage traduit de façon vulgaire.
En effet, la peur du « piratage » de son nouveau « bébé » pousse J.K Rowling à refuser de dévoiler son manuscrit aux maisons d’édition étrangères autres que françaises et anglaises. La parution de Une place à prendre (titre original The casual vacancy) seront difficile à tenir dans de nombreuses langues.

Disons le clairement, c’est son droit le plus strict. Il n’y a rien à redire à ce niveau là. Néanmoins, j’estime qu’il s’agit là d’un grand manque de considération. Richissime depuis les Harry Potter, sa fortune est estimée à 650 millions de dollars, un éventuel « piratage » de son oeuvre ne risquerait en rien d’affecter son niveau de vie.
Bien sur, ce n’est pas une raison. Ce n’est pas non plus une apologie du partage libre que je suis en train de faire. Il ne faut pas exagérer. Le droit d’auteur est nécessaire et il doit être défendu. Mais il ne faut pas oublier que ce sont les lecteurs eux-mêmes qui font le succès des dits auteurs. Sans lecteurs, pas d’auteurs. Certains feraient bien de s’en souvenir par moments. « Cracher » sur ces millions de personnes qui sont à l’origine de son succès, c’est pathétique.
Nous sommes désormais au XXI ème siècle et internet, ainsi que le partage, sont devenus la norme. Le nier et faire comme si tout ceci n’existait pas n’est rien d’autre qu’une forme négation. Attention au retour de bâton…

Bien sur, cet article est diffusé sous licence Creative Commons BY-NC-ND, qui autorise sa libre diffusion.

 

Pourquoi choisir l’auto-édition ?

Edition à compte d’éditeur, édition à compte d’auteur, auto-édition… Les options s’offrant à vous sont multiples lorsqu’il s’agit de publier votre ouvrage. Mais vous n’êtes qu’un simple auteur, et ne savez pas laquelle choisir. Cet article va vous expliquer en quelques lignes ce que sont chacune de ces trois possibilités, tout en donnant une plus grande visibilité à l’auto-édition.

Edition à compte d’éditeur : Il s’agit là de l’édition « classique » par excellence. Celle que tous les auteurs (du moins une grande majorité) aimeraient connaître un jour. En effet, qui n’a jamais rêvé de voir son ouvrage publié par une maison d’édition tout ce qu’il y a de plus habituel ? Moi le premier… avant de découvrir et de vivre l’aventure de l’auto-édition.

Edition à compte d’auteur : Je me garderais bien de qualifier ce type d’édition d’arnaque, car il est évident que certaines structures proposant l’édition à compte d’auteur le font en toute bonne foi, dans le respect de l’auteur. Cependant, je n’admets pas qu’un auteur se voit demander de payer plusieurs centaines ou milliers d’euros uniquement pour que son manuscrit devienne un livre papier.

Auto-édition : Il s’agit pour l’auteur de devenir son propre éditeur. Exit les maisons d’édition, l’envoi de manuscrits, l’attente de réponses, le stress et la déception de la lecture de la vingtième lettre de refus.

Avec l’auto-édition, c’est l’auteur lui-même qui effectue toutes les démarches permettant à son manuscrit de devenir un véritable livre papier digne de ceux publiés par n’importe quelle maison d’édition. Il est vrai que pour un novice du monde de l’édition, imaginer faire soi-même la mise en page, la création des couvertures, l’obtention du numéro ISBN, le dépôt légal… peut s’apparenter à un chemin du combattant. Pourtant, pour les plus courageux, il est possible de trouver toutes les informations nécessaires grâce à internet. Pour les autres, j’ai moi-même créé mon propre service d’aide à l’auto-édition, afin de mettre mes connaissances et expériences au service des auteurs en ayant besoin.

En outre, l’auto-édition a le grand avantage que l’auteur, c’est à dire vous, conservez la totalité de vos droits sur votre ouvrage, ce qui n’est absolument pas le cas lorsque vous signez un contrat d’édition. Ainsi, le montant de la vente de chaque exemplaire que vous cendrez vous reviendra à vous, et rien qu’à vous.
Bien sur, il ne faut pas s’attendre à devenir millionnaire ou célèbre, ni à vendre de milliers d’exemplaires. Néanmoins, la satisfaction de se dire que vous êtes parvenus au bout de votre démarche d’écriture, d’avoir « contourné » un système qui rends quasiment impossible la publication d’un auteur inconnu, saura largement vous rendre fière de votre parcours.
Cependant, pour vivre entièrement les « bénéfices » et les apports de l’auto-édition, il reste préférable de s’y tourner par choix et par conviction, plutôt que par dépit et renoncement. Car dans ces deux derniers cas, il fort est probable que ce mode d’édition ne soit pas en mesure de combler l’ensemble de vos attentes comparé à celles que peuvent faire miroiter (souvent à tord) l’édition à compte d’éditeur.

Article diffusé sous licence Creative Commons BY-NC-ND

Le contrat d’édition

Votre futur éditeur vient de vous faire parvenir les deux exemplaires du contrat qu’il vous propose. Il ne vous reste plus qu’à les parapher (vos initiales en bas à droite de chaque page), à les signer et à lui renvoyer l’un de ces deux exemplaires.

Si votre confiance en cet éditeur est totale et que vous êtes prêts à prendre le risque de lui céder les droits de votre ouvrage les yeux fermés, tout se passera de cette façon. Si au contraire vous tenez vraiment à savoir ce que vous signez, il vous faudra prendre un peu plus de temps et bien lire l’intégralité du contrat d’édition, qui fait immanquablement plusieurs pages.
Tout d’abord, voici un exemple de contrat d’édition classique. Il s’agit du contrat anonymisé signé par une auteur publiée, courant 2009, au sein de la maison d’édition que je gérais alors. Ce modèle n’est pas original. C’est un modèle que j’avais trouvé sur internet et que j’ai très légèrement adapté à mes besoins de l’époque. Il n’en reste pas moins qu’il représente une variante du contrat d’édition type qu’un éditeur sérieux se doit proposer à ses futurs auteurs.


Les parties noircies sont là pour anonymiser le document, mais aussi pour supprimer quelques informations relatives à mon ancienne société qui n’ont plus lieu d’être diffusées aujourd’hui.

Un vrai contrat d’édition se doit donc, en tout premier lieu, d’identifier parfaitement les parties signataires. A savoir l’auteur (nom, prénom, date et lieu de naissance, adresse, numéro de sécurité sociale) et l’éditeur (dénomination sociale, forme juridique, capital social, numéro RCS, adresse du siège social, représentant légal signataire au nom de la société). Tout contrat qui ne présenterait pas toutes ces informations doit vous alerter sur le sérieux, le professionnalisme et peut-être même sur l’honnêteté de votre interlocuteur. Quoi qu’il en soit, si ces informations manquent, exigez de l’éditeur qu’elles soient rajoutées. Si il refuse, passez votre chemin sans hésiter.

L’objet du contrat – Cet article, généralement le premier du document, vise à décrire la raison d’être du contrat. Il doit y être écrit noir sur blanc le titre de l’ouvrage pour lequel vous allez céder vos droits. Sans cela le contrat n’aurait aucune valeur puisqu’il ne serait lié à aucun ouvrage précis. Sont également indiqués les différentes étendues de la cession de vos droits (pays, langues, formes, procédés, durées). Vous y trouvez aussi les principaux engagements de l’éditeur, tels que « publier à ses frais », « conditions favorables d’exploitation sous toutes formes ». Ces termes peuvent paraître vagues et sans intérêts, mais ils ont leur importance. Ils sont notamment le signe que vous avez bien à faire à une maison d’édition à compte d’éditeur, ce qui est primordial.
De plus, généralement, lorsqu’une maison d’édition obtient les droits d’un nouvel ouvrage, elle propose également à l’auteur de lui céder les droits d’adaptation audiovisuels sur ce même ouvrage. Ainsi, si un jour une société de production souhaite adapter votre histoire au cinéma ou à la télé, elle négociera directement avec votre éditeur. C’est une pratique courante et admise sans aucun problème. Malgré tout, la législation française est très claire à ce sujet, l’éditeur est obligé de faire signer un contrat de cession des droits audiovisuels à l’auteur en plus du contrat d’édition. Il est absolument interdit à un éditeur d’inclure la cession de ces droits dans le contrat d’édition lui même. Théoriquement vous pouvez donc refuser de céder vos droits d’adaptation audiovisuelle, tout en signant votre contrat d’édition.

Garanties données par l’auteur – Par cet article l’auteur s’engage auprès de l’éditeur, en particulier sur l’originalité de l’ouvrage. L’éditeur se dégage donc de certaines responsabilités dans le cas où l’auteur aurait fauté (plagiat…). Si des faits de cette nature devaient être prouvés, l’éditeur pourrait alors casser le contrat et se retourner contre l’auteur en personne afin de se couvrir.

Remise du manuscrit – Cet article règle les conditions dans lesquelles l’auteur remettra à l’éditeur les différents éléments permettant de procéder à l’impression de l’ouvrage, sachant que le manuscrit original n’est jamais celui qui servira de base  l’impression de l’ouvrage. L’éditeur y apportera forcément des modifications, qui devront ensuite être acceptées ou non par l’auteur. Ce sont ces « échanges » de manuscrit qui sont encadrés par cet article.

Obligations de l’éditeur – C’est dans cet article que sont indiquées l’ensemble des obligations de l’éditeur. L’article tel que présenté dans l’exemple de contrat ci-dessus est parfaitement adapté pour des publications à faible tirage. Les indications concernant le nombre d’exemplaires peuvent être adaptés par l’éditeur. De même, les délais indiqués dans cet article peuvent varier selon les maisons d’édition.
Lorsqu’un contrat d’édition vous est proposé, si vous estimez que les conditions prévues dans cet article sont trop favorables à l’éditeur, vous pouvez très bien lui demander d’en modifier certaines. Attention tout de même à ne pas exiger des conditions que ce dernier pourrait juger trop restrictives à son égard. Il pourrait alors les refuser et annuler sa proposition de contrat. Néanmoins, l’éditeur doit s’engager noir sur blanc à publier et diffuser votre ouvrage. Cette clause doit être non négociable et écrite noir sur blanc sur le contrat. Dans le cas contraire, vous pouvez sérieusement douter de l’éditeur en question.

Attributions de l’éditeur – Par cet article l’éditeur se réserve le droit de modifier certains aspects ou caractéristiques de votre ouvrage sans avoir besoin d’obtenir votre consentement préalable. Un éditeur sérieux et à l’écoute de ses auteurs vous fera connaitre ses intentions, mais rien ne l’obligera à accéder à vos demandes.
En général ces attributions sont le format du futur livre, sa présentation, son prix de vente, son tirage ainsi que sa date de mise en vente théorique. Il est très peu probable qu’un éditeur, quel qu’il soit, accepte de renoncer à ces prérogatives. A moins de certaines attributions que vous jugeriez extravagantes, il n’est pas utile de négocier ce point du contrat.

Vente en solde partielle/totale et mise au pilon partielle/totale – Article encadrant la « liquidation » des stocks d’exemplaires de votre ouvrage si ceux-ci sont trop important au regard du nombre de ventes effectuées. Dans tous les cas, cet article doit prévoir les conditions par lesquelles votre éditeur vous annonce ses intentions. Ceci doit être fait par courrier recommandé avec accusé de réception.
Chaque éditeur adaptera les nombres et pourcentages à sa guise. A vous ensuite de les accepter ou de demander à ce qu’ils soient revus.

Droits d’auteur – Voilà l’un des articles qui vous intéressera le plus. Celui qui encadrera vos revenus en tant qu’auteur. Tout d’abord, sachez qu’un éditeur est obligé de vous rémunérer dès le premier exemplaire vendu de votre ouvrage. Seuls quelques exemplaires, tels que ceux qui vous sont remis gratuitement ou ceux qui sont utilisés à des fins marketing et promotionnelles ne vous rapporteront pas de droit d’auteur. Votre éditeur peut également vous offrir une réduction substantielle sur les exemplaires que vous souhaiteriez commander en plus de ceux qui vous sont remis gratuitement. Dans ce cas, vous ne percevrez aucun droit d’auteur sur ceux-ci.
Concernant le montant de vos droits d’auteur, ils représentent un pourcentage fixe, calculé sur la base du prix public hors taxes. Il peut être prévu que ce pourcentage évolue après un certain nombre de ventes. Il peut également être modifié suite à la signature d’un avenant à votre contrat d’édition. Généralement, la rémunération moyenne d’un auteur est de 7 à 10% du prix public HT. Il est bien sur possible de le négocier, mais à moins d’avoir déjà une certaine reconnaissance du monde littéraire, il vous sera extrêmement compliqué d’en obtenir un meilleur. Il peut arriver parfois, selon la politique de la maison d’édition, que la rémunération prévue soit un peu plus importante. Mais même dans ce cas, pour commencer, ne comptez pas obtenir plus de 12% grand maximum.
Inversement, certains éditeurs peuvent proposer des rémunérations inférieures à cette moyenne. N’hésitez alors pas à négocier pour la faire remonter au maximum. Si vous parvenez à obtenir un pourcentage conforme à la moyenne, contentez-vous en. Vous n’auriez que peu de chance de le voir augmenter encore. Par contre, si l’éditeur reste sur ses positions, alors posez-vous la question de savoir si vous acceptez de « brader » votre travail ou pas. Vous avez tout à fait le droit de ne pas être d’accord avec ce qui vous est proposé et de refuser de signer le contrat. Si l’éditeur veut vraiment vous garder, il fera un geste.

Etendue de la cession des droits dérivés – Cet article qui règle tout ce qui concerne les autres droits que vous cédez à l’éditeur (traduction, reproduction…). A vous de négocier ceux que vous acceptez de céder dans le cadre de la publication de votre ouvrage.
Pour rappel, il est interdit à l’éditeur de faire apparaître dans le contrat d’édition tout article ou clause incluant la cession des droits d’adaptation audiovisuelle. Ces droits doivent impérativement faire l’objet d’un contrat annexe.

Droits d’auteur sur les droits dérivés – Tout comme pour les droits d’auteur sur votre ouvrage, cet article défini le montant de vos droits d’auteur sur l’ensemble des droits dérivés que vous cédez à l’éditeur. Chaque éditeur a son propre barème. N’hésitez pas à négocier chacun de ces droits dérivés.

Comptes – C’est ici que sont définies les modalités par lesquelles l’éditeur vous versera la totalité de vos droits d’auteur pour la période en cours. Selon le contrat qui vous est proposé, vous pouvez toucher vos droits deux fois par an (tous les six mois) ou une seule fois.
La date d’arrêt des comptes doit être clairement fixée. De même, le délai de paiement de la part de l’éditeur ainsi que ses modalités doivent y être clairement présentés. Lors de chaque paiement, l’éditeur est tenu de vous établir un document mentionnant le nombre d’exemplaires imprimés, en stock, vendus, utilisés à des fins promotionnelles et détruits (accidents…).

Les quatre derniers articles du contrat ci-dessus ont une relative importance, mais ne font normalement pas l’objet de négociation. C’est la raison pour laquelle je ne les traite pas au même titres que les autres.

Vous voici désormais en mesure de décrypter plus efficacement un contrat d’édition. Ce que vous pouvez accepter, négocier ou ce qui doit vous amener à vous poser des questions sur votre interlocuteur. Mais si vous préférez ne pas signer de contrat d’édition et conserver la totalité de vos droits, il existe une solution, que je traiterais dans un prochain article. L’auto-édition.

Article diffusé sous licence Creative Commons BY-NC-ND