Ne pas être totalement satisfait de ses textes

masque-anonymousVotre texte terminé, relu et corrigé, vous vous apprêtez à le publier. Un certain engouement s’empare de vous, de même qu’un plaisir évident. Pourtant, vous êtes turlupiné. Un petit « je ne sais quoi » trotte doucement dans votre esprit. Vous êtes sans aucun doute satisfait, mais restez sur la retenue.

C’est une situation courante que de se sentir « angoissé » au moment de la publication d’un texte, et encore plus si il s’agit d’un ouvrage. Le fait d’être enfin confronté à des avis extérieurs et de probablement devoir faire face à quelques critiques vous rend assez nerveux, et c’est parfaitement normal.
Il se peut même que vous ayez vous-même une certaine forme de « répulsion » vis à vis de ce que vous avez écrit. Bien sûr, celle-ci doit être modérée, sans quoi sa publication ne devrait en aucun cas être envisagée. Il n’en reste pas moins que certains passages (dans la tournure qu’ils donnent à l’histoire), peuvent tout à fait vous sembler assez particuliers. Vous réfléchissez alors à la meilleur façon de les modifier, mais vous parvenez pas à trouver mieux que ce que vous avez déjà produit…

N’ayez crainte. Cela ne signifie pas que votre texte est à jeter à la poubelle car mal écrit et que vous êtes forcément dénué de talent d’auteur. Heureusement d’ailleurs. C’est une simple réaction d’auto-critique. Rien de grave donc. Au contraire. C’est le signe que vous êtes capable de percevoir certaines choses au sein de vos propres textes. L’inverse serait de se dire « c’est moi qui l’ai écrit, donc c’est forcément parfait« .
Car rien n’est parfait et rien ne peut être considéré comme l’étant, puisque la perfection n’est que le fruit de la perception individuelle des choses. Un sentiment complètement subjectif. Un ouvrage me paraissant parfait ne le sera pas nécessairement pour un autre lecteur, et vice-versa.
Aussi, il convient d’écrire non pas dans le but d’atteindre la perfection, puisque cela n’existe pas vraiment en tant que tel, mais bien de le faire pour se faire plaisir ainsi qu’à ses lecteurs. A ce niveau, savoir prendre conscience que son travail peut être critiqué (et le sera inévitablement), est fondamental pour un auteur. Ainsi, se remettre sois-même en question, dès l’écriture, est la meilleure des façons d’agir.

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