Ne pas être totalement satisfait de ses textes

masque-anonymousVotre texte terminé, relu et corrigé, vous vous apprêtez à le publier. Un certain engouement s’empare de vous, de même qu’un plaisir évident. Pourtant, vous êtes turlupiné. Un petit « je ne sais quoi » trotte doucement dans votre esprit. Vous êtes sans aucun doute satisfait, mais restez sur la retenue.

C’est une situation courante que de se sentir « angoissé » au moment de la publication d’un texte, et encore plus si il s’agit d’un ouvrage. Le fait d’être enfin confronté à des avis extérieurs et de probablement devoir faire face à quelques critiques vous rend assez nerveux, et c’est parfaitement normal.
Il se peut même que vous ayez vous-même une certaine forme de « répulsion » vis à vis de ce que vous avez écrit. Bien sûr, celle-ci doit être modérée, sans quoi sa publication ne devrait en aucun cas être envisagée. Il n’en reste pas moins que certains passages (dans la tournure qu’ils donnent à l’histoire), peuvent tout à fait vous sembler assez particuliers. Vous réfléchissez alors à la meilleur façon de les modifier, mais vous parvenez pas à trouver mieux que ce que vous avez déjà produit…

N’ayez crainte. Cela ne signifie pas que votre texte est à jeter à la poubelle car mal écrit et que vous êtes forcément dénué de talent d’auteur. Heureusement d’ailleurs. C’est une simple réaction d’auto-critique. Rien de grave donc. Au contraire. C’est le signe que vous êtes capable de percevoir certaines choses au sein de vos propres textes. L’inverse serait de se dire « c’est moi qui l’ai écrit, donc c’est forcément parfait« .
Car rien n’est parfait et rien ne peut être considéré comme l’étant, puisque la perfection n’est que le fruit de la perception individuelle des choses. Un sentiment complètement subjectif. Un ouvrage me paraissant parfait ne le sera pas nécessairement pour un autre lecteur, et vice-versa.
Aussi, il convient d’écrire non pas dans le but d’atteindre la perfection, puisque cela n’existe pas vraiment en tant que tel, mais bien de le faire pour se faire plaisir ainsi qu’à ses lecteurs. A ce niveau, savoir prendre conscience que son travail peut être critiqué (et le sera inévitablement), est fondamental pour un auteur. Ainsi, se remettre sois-même en question, dès l’écriture, est la meilleure des façons d’agir.

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L’Homme est imparfait… c’est ce qui fait de lui un Homme

éditions hachette

L’Homme est ce qu’il est. Il est imparfait au possible, mais sa condition l’incite toujours à recherche la perfection… au risque bien de paraître alors encore plus imparfait qu’il ne l’est réellement. Pourtant, quel intérêt pour lui de se faire passer pour ce qu’il n’est pas ?

La raison d’être de l’Homme ? Se faire remarquer de ses semblables par tous les moyens, en particulier si ceux-ci sont de nature à faire ressortir une quelconque perfection.
De nos jours, la principale attente de la société c’est la perfection. Il faut être au top à tous les niveaux. Sur les CV, dans la rue (physiquement, vestimentairement parlant…), à l’école, etc… La perfection est la signature de la société moderne. Rien ne peut, et surtout rien ne doit aller à son encontre. Un manque de perfection est aujourd’hui perçut comme une faiblesse insurmontable.
Un employé commettant un impair dans son travail peut par exemple être rapidement catalogué, même sans que cette erreur n’ai la moindre gravité. De même pour un demandeur d’emploi postulant pour un nouveau poste. Son CV va être décrypté sous tous les angles, à la recherche du profil parfait. Un profil que seul un robot pourrait proposer.

Pourtant, par définition un Homme ne peut être parfait. L’Homme n’est pas omniscient, il est doué de conscience et de sa propre capacité de juger. Ainsi, chaque Homme possède ses propres définitions de la perfection et apporte ses propres jugements à tout ce qui l’entoure dans la vie. Par conséquent, un Homme ne peut être considéré comme étant parfait.
A titre personnel je préfère largement m’afficher avec mes défauts, être moi-même et bien dans ma peau plutôt que de me faire pour quelqu’un d’autre en essayant d’atteindre une perfection totalement utopique. Bien sûr, il m’arrive de faillir, puisque je ne suis pas parfait mais justement je le reconnais. Je ne suis pas parfait et je suis fière de l’être. Je suis unique, au même titre que chaque Homme. Je suis moi-même… comme devraient l’être un peu plus souvent beaucoup d’Hommes   ayant pour leitmotif une perfection n’ayant comme véritable perfection… que son imperfection.
La perfection est suggestive. A contrario,  l’imperfection est tangible.

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