Droits d’auteur : France.fr… comment dire… heu… « piratage » ?!

France.fr

Plus tourné vers la littérature, et plus précisément vers la science-fiction, il n’en reste pas moins que le sujet des droits d’auteur me tient particulièrement à cœur. Des donneurs de leçons, il en existe en tous genres en particulier aux sommets de l’Etat.  Des situations montrant le peu de considération pour ces droits qu’il est censé défendre par la loi, il en existe des pelletées. En voici un nouvel exemple…

France.fr, c’est le site de promotion de la France en direction de l’étranger. Après une mise en fonction plus que chaotique il y a déjà deux ans, voila qu’une petite visite imprévue sur « le site officiel de la France » m’a bien fait rigoler. Sur cette page, la troisième image en haut en partant de la gauche (le livre ouvert), illustrant la « langue française ».
Une image qui me disait vaguement quelque chose, puisqu’en ayant déjà utilisé une semblable sur l’un de mes sites personnels. Presque certain de mon fait, je me suis lancé dans une petite recherche sur fotolia.com, et banco, j’y retrouve exactement la même image. Jusque là pourtant, rien de bien exceptionnel.

Par contre, en regardant la partie « Mentions légales » du site, il est clairement indiqué : « Les photos présentes sur ce site proviennent de sources différentes qui sont indiquées directement pour chaque média. Dans le cas contraire elles proviennent des sources listées ci-après ».
Donc, à moins que cette image soit issue de l’AFP ou de l’Agence photographique de la réunion des musées nationaux (ce qui n’est évidement pas le cas), les données liées à son auteur, un Biélorusse répondant au pseudonyme de FotolEdhar, devraient se trouver sur la page où est affichée l’image… Ou pas…
Dans ce cas, petite recherche via le moteur de recherche interne dudit france.fr, avec des termes tels que fotolia, FotolEdhar, Open Book (le nom donné à l’image par son auteur)… toujours rien. Idem dans le code source de la page, qui lui non plus ne donne aucune indication sur l’auteur de l’image.

A moins donc de considérer que les auteurs de France.fr sont placés au dessus des lois de la République, la notion fotolia.com – FotolEdhar n’apparaissant nulle part sur le page et sur le site, il convient d’appeler un chat un chat. Nos gouvernants, toujours prêts à faire respecter leurs lois sur le droit d’auteur dès lors que les « victimes » des dits « piratages » font parti de leurs amis, n’hésitent tout simplement pas à enfreindre leur propre loi quand cela les arrange…

Article diffusé sous licence Creative Commons BY-NC-ND

Diffuser soi-même ses œuvres sur internet

Je suis auteur auto-édité. Cela signifie que je diffuse et vends moi-même mes œuvres sur internet. Il est donc bien sur évident que jamais je ne les rendrais accessibles gratuitement en ligne. Cela serait totalement inutile, et surtout contre-productif. A moins que…

Vous l’avez vu cent fois à la télé, entendu deux cents fois à la radio, et lu mille fois sur internet, le partage d’œuvres originales sans le consentement de leur auteur tue la culture, les auteurs, leurs familles, leurs descendances, le phoques en antarctique, et est responsable de la pauvreté dans le monde. C’est de notoriété publique. Tout ce qui est gratuit est mauvais, nul, à mettre la poubelle, ou bien, si ce n’est rien de tout ça, c’est que c’est illégal. En tout cas du point de vue d’une minorité qui estime que partage gratuit d’une œuvre = piratage = vol.

Oui, mais non. Diffuser soit-même ses œuvres sur le web peut bien sur se faire gratuitement ou contre rémunération. C’est à chacun de décider ce qu’il préfère, et surtout ce qu’il estime être le mieux pour lui. Personnellement, j’ai décidé d’opter pour les deux solutions à la fois, selon le type d’œuvre, mais aussi selon son mode diffusion.
C’est ainsi que toutes mes nouvelles sont accessibles gratuitement et librement depuis ma bibliothèque en ligne. Une bibliothèque qui permet également d’accéder à mes ouvrages publiés jusqu’à présent, dont des extraits sont accessibles librement, la version eBook complète étant disponible au prix de 1,95 €. Ces mêmes œuvres que j’ai fait le choix de diffuser moi-même, légèrement modifié du fait de l’ajout d’une page de « publicité » (une page de texte précisant l’existence de mes autre ouvrages), gratuitement, sur des forums spécialisés dans le partage de liens d’œuvres « piratées », pour reprendre l’expression des ayants droits.
Bien que très attaché au respect du lecteur et de ses droits, je ne donne pas dans la philanthropie. Je m’adapte seulement à mon époque et aux pratiques courantes. Ainsi, que de voir d’ici quelques semaines ou quelques mois mes œuvres disponibles sur ces réseaux sans que je n’en ai la moindre idée, j’ai estimé préférable de prendre le taureau par les cornes, et d’anticiper par moi-même.
Cela a permit à mes ouvrages en question d’être téléchargés plusieurs centaines de fois. Il est vrai que le gain financier est pour ainsi dire inexistant. Mais en tant qu’auteur auto-édité, cela me permet de me faire connaître au delà des domaines habituels de promotion. D’ailleurs, j’envisage même, dès que ma connexion internet me le permettra, de rendre ces mêmes fichiers incluant une petite page de « publicité », disponibles sur les réseaux peer-to-peer.
En outre, j’ai créé mis en place une page spéciale permettant à mes « lecteurs gratuits » de donner 1,95€, soit le prix de la version eBook « classique », en tant que rémunération. A l’ère du tout numérique, j’estime cette solution comme étant le meilleur compromis possible pour lutter contre le téléchargement illégal d’œuvres en tous genres.

Tout comme de très nombreux écrivains, mon but est avant tout de me faire plaisir dans ce que je fais. Sur ce ce point là, je suis parfaitement comblé. Ensuite, il s’agit de trouver ses lecteurs. Chose que j’essaie de faire de façon permanente, à plus large échelle possible. Et seulement à ce moment là, j’envisagerais de peut-être pouvoir vivre en partie de ce travail. Ce qui ne m’empêchera, bien sur, pas de poursuivre la diffusion de mes œuvres par tous les canaux que j’utilise actuellement, avec cette nécessité d’échange et de respect de mes lecteurs.

Aussi, de mon point de vue, la diffusion des œuvres sur internet est nécessaire, voir même obligatoire, afin de toucher un lectorat de plus en plus grand, mais aussi pour, justement, lutter contre le partage non autorisé des œuvres. Il faut vivre avec son temps. Aujourd’hui nous sommes au XXIème siècle, et il semblerait bien que certains aient oublié ce détail…

Article diffusé sous licence Creative Commons BY-NC-ND

J.K Rowling… Haro sur les lecteurs

J.K Rowling – Image issue du site glennashton.blogspot.fr

Voilà une information trouvée, totalement par hasard, sur internet. Ainsi, la romancière britanique, auteure de la saga Harry Potter, sur le point de publier son tout nouveau roman, craint les fuites de son manuscrit et impose des règles draconiennes aux éditeurs afin de le préserver du « piratage ». Au risque de ralentir grandement la traduction de ce nouveau titre dans de nombreuses langues, dont l’italien et l’espagnol…

Tout d’abord, soyons clairs, il ne s’agit pas là de prendre la défense des maisons d’édition ayant acquis les droits de l’ouvrage de madame Rowling. Il ne s’agit pas non plus de défendre l’auteure en elle même, puisque je l’avoue, je n’ai jamais lu un seul de ses ouvrages, et n’ai jamais vu leurs adaptations cinématographiques… Bye bye Harry…

Non, je souhaite uniquement en venir sur le peu de considération, de mon point de vue, dont cette dernière fait preuve envers ses lecteurs. Des personnes prêtes à acheter son futur livre une bonne vingtaine d’euros minimum (je présume), et qui, dans certains pays dont l’Espagne ou l’Italie, pourraient faire face à un ouvrage traduit de façon vulgaire.
En effet, la peur du « piratage » de son nouveau « bébé » pousse J.K Rowling à refuser de dévoiler son manuscrit aux maisons d’édition étrangères autres que françaises et anglaises. La parution de Une place à prendre (titre original The casual vacancy) seront difficile à tenir dans de nombreuses langues.

Disons le clairement, c’est son droit le plus strict. Il n’y a rien à redire à ce niveau là. Néanmoins, j’estime qu’il s’agit là d’un grand manque de considération. Richissime depuis les Harry Potter, sa fortune est estimée à 650 millions de dollars, un éventuel « piratage » de son oeuvre ne risquerait en rien d’affecter son niveau de vie.
Bien sur, ce n’est pas une raison. Ce n’est pas non plus une apologie du partage libre que je suis en train de faire. Il ne faut pas exagérer. Le droit d’auteur est nécessaire et il doit être défendu. Mais il ne faut pas oublier que ce sont les lecteurs eux-mêmes qui font le succès des dits auteurs. Sans lecteurs, pas d’auteurs. Certains feraient bien de s’en souvenir par moments. « Cracher » sur ces millions de personnes qui sont à l’origine de son succès, c’est pathétique.
Nous sommes désormais au XXI ème siècle et internet, ainsi que le partage, sont devenus la norme. Le nier et faire comme si tout ceci n’existait pas n’est rien d’autre qu’une forme négation. Attention au retour de bâton…

Bien sur, cet article est diffusé sous licence Creative Commons BY-NC-ND, qui autorise sa libre diffusion.